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2 ème préalable : Définition claire et rationnelle du statut des élus et du rôle de la puissance publique , impératif prioritaire si l’on veut réhabiliter la politique et restaurer l’autorité de l’Etat, préalables indispensables à l’aboutissement des réformes structurelles nécessaires pour l’avenir de notre économie et de notre modèle social. Il ne s’agit pas ici d’apporter en quelques lignes une solution à ces problèmes complexes sur lesquels les études et réflexions ont été nombreuses mais d’envisager les orientations rationnelles et désintéressées susceptibles d’ouvrir un vrai débat dans le pays, avant de le conclure par un référendum. • Il y a nécessité d’instaurer un renouvellement des élus plus fréquent. Si les gouvernants qui se succèdent depuis 30 ans n’arrivent pas à gérer correctement notre société et en enrayer notre déclin, il faut s’interroger moins sur ce qui n’est pas fait que sur les raisons de cette paralysie : il y a des responsables qui ont reçu mandat du peuple et qui ne remplissent pas totalement leur mission . il y a des institutions, des lois et des pratiques qui ne permettent pas de responsabiliser les membres du groupe social, qui de ce fait n’arrivent pas à renoncer à leur vision égoïste et à leur sensiblerie. A quoi sert d’avoir élevé depuis plus de 100 ans le niveau d’éducation des citoyens, d’avoir développé le progrès technique qui permet d’accroître le niveau de vie et facilite les relations entre les membres du groupe social . et de continuer à fonctionner sur les bases du concept de la démocratie représentative telle que définie au début du XIXème siècle .. Avec une implication brève, occasionnelle et sommaire des électeurs . Et si les enquêtes d’opinions, instantanées et réactives, même si elles guident souvent les choix des élus, ne peuvent être considérées comme un dialogue démocratique responsable entre gouvernants et gouvernés. Sans vouloir jeter la pierre à nos hommes politiques, qui se dévouent au bien public, il faut constater que le système actuel ne leur permet pas d’accomplir les réformes que notre situation exige. Il n’est pas possible de ne pas constater que la professionnalisation de la politique et l’attrait de la notoriété, les conduisent à privilégier leur popularité et leur réélection future par rapport à l’intérêt général de la société. La politique est certes l’art du possible mais encore faut-il essayer de rendre possible ce qui est souhaitable, par la conviction, la pédagogie et la concertation. L’autre aspect du rôle de l’homme politique est de prendre des décisions, même difficiles, et de s’y tenir avec courage et fermeté comme a su le faire en son temps Margareth Thatcher à laquelle la Grande-Bretagne et Tony Blair sont redevables d’une situation ô combien meilleure aujourd’hui que celle de ce pays en 1980 . Il est trop facile d’invoquer l’incompréhension ou le désintérêt des citoyens pour justifier le renoncement à une société meilleure. Il est de la responsabilité du politique de consulter et de débattre pour faire comprendre avant de décider, même contre l’avis des personnes concernées, si l’intérêt général l’exige ou si la raison le justifie. Il appartient en effet à l’homme politique, et c’est sa noblesse, d’expliquer et de convaincre avec pédagogie et constance avant d’engager avec courage la mise en ouvre de sa décision dont il doit assumer la responsabilité. Certes, il est plus facile pour l’homme politique d’utiliser la complexité ou d’occulter une part de l’information pour prendre des décisions qui peuvent fâcher. Certes, il est plus facile d’accepter les exigences corporatistes, plus dangereuse à défier que ne l’est la majorité silencieuse inorganisée, au risque de laisser croire que l’intérêt général résulte de la négociation entre les intérêts particuliers. Certes, il est plus facile de satisfaire aux attentes des médias et de l’opinion publique et d’emprunter le chemin de la facilité. C’est d’ailleurs aujourd’hui le critère principal pour apprécier le sens politique d’un élu. « Je suis leur chef donc je les suis ou je leur cache la vérité, en tout ou partie, pour qu’ils me suivent ; l’important pour ma popularité et ma réélection, c’est de ne pas faire de vague ! ». Ne serait-il pas temps de changer ce mode de fonctionnement ? La limitation du cumul dans le temps, mis en place tant bien que mal, n’est pas la mesure susceptible de changer la situation actuelle. Outre que cette limitation est partielle, les exemples de détournement de cette limitation ne sont pas rares. C’est à l’évidence la limitation du cumul des mandats dans le temps qui peut mettre un terme à la professionnalisation de la vie politique, principale cause de la paralysie actuelle. Certes, les politiques font valoir la complexité des dossiers, la difficulté de gouverner sans susciter des manifestations ou des protestations, et l’importance de l’expérience. Seuls les plus expérimentés, les plus madrés, les plus familiers du sérail politique peuvent accéder à la fonction suprême. Regardons les résultats de cette pratique à côté de ceux des pays qui renouvellent leurs personnels politiques. Combien de présidents américains se sont succédés entre 1974 et 2006, soit entre le début du 1 er mandat de 1 er ministre de J. Chirac et la fin de son 2ème mandat de Président de la république ? Outre qu’il appartient au politique de réduire la complexité au lieu de s’en servir, les hauts fonctionnaires sont faits pour lui apporter les analyses techniques susceptibles d’éclairer ses choix. La réduction du nombre de mandats, par exemple deux mandats locaux et deux mandats nationaux, redonnerait sa dignité à l’élu et son attrait à la fonction élective. Tout citoyen pourrait ainsi avoir vocation à renouveler les approches et les solutions, avant de retourner à ses activités d’origine, comme le consul Cincinatus à sa charrue. Encore conviendrait-il de prévoir un statut équitable de l’élu qui lui permette sans risque excessif de quitter son travail et de le retrouver sans pour autant être fonctionnaire. • Il importe de réduire le rôle des partis et de réhabiliter l’initiative politique Conjonction d’une idéologie et d’une féodalité, les partis politiques ont fait disparaître l’originalité des idées personnelles de leurs membres, contraints pour être élus de suivre les consignes officielles. Et si la bipolarisation de la Vème République a favorisé la continuité de l’action gouvernementale et l’efficacité de l’exécutif, elle a réduit l’indépendance du Parlement et la qualité des débats entre parlementaires, et plus généralement entre gouvernants et gouvernés. Pour réduire les inconvénients de cette situation et raviver les initiatives, il faut couper le lien entre les partis et les groupes parlementaires, revaloriser la place des propositions de loi, et revoir le mode de financement des partis pour favoriser le développement de groupes ad hoc constitués autour d’un faisceau d’idées, à chaque élection, en fonction des priorités du lieu et du moment. Le clivage simpliste droite - gauche favorise l’absence de réflexion propre des électeurs qui se rangent sans esprit critique dans l’un ou l’autre camp dès lors qu’ils ont fait leur choix entre ceux qui sont « censés » être plus sociaux, plus sensibles à l’émotionnel, plus attentifs aux pauvres et déshérités et les « soit disant » tenants de l’ordre, de la liberté, de la responsabilité et de l’initiative personnelle. Par ailleurs en se critiquant systématiquement, en condamnant des idées rationnelles, des décisions responsables, dès lors qu’elles viennent de l’autre parti, ils desservent gravement l’intérêt général en encourageant le citoyen à rester fidèle à un parti, à des dogmes et à des a priori au détriment de leur propre réflexion, de leur dignité et de leur responsabilité à l’égard de la collectivité. Pour accroître l’implication des citoyens et débattre plus rationnellement des enjeux et défis de notre société à l’occasion des élections et des débats parlementaires, il faut appeler à un large rassemblement de Français animés par la raison et attentifs au respect de l’intérêt général et des valeurs de la République. L’alternance au gouvernement de ces deux partis de l’opinion, de la gauche et de la droite, se caractérise par ailleurs par des modes de penser et des façons de gouverner similaires. Souvent issus des mêmes écoles, attachés aux mêmes valeurs socialo-libérales, ils ont des modes de gouvernement identiques et s’efforcent l’un comme l’autre de ne pas inquiéter le citoyen. C’est sans doute pour cela que 70 % des Français ne leur font plus confiance. Dès lors que l’on pourrait constituer des majorités d’idées en accord avec l’opinion et ses attentes, l’alternance résulterait naturellement de l’échec ou de l’usure de la majorité en place, avec l’apparition corrélative d’une autre majorité, sans pour autant qu’existe une bipolarisation rigide et dogmatique. • La restauration de l’autorité de l’Etat passe par un recentrage de son périmètre d’intervention L’Etat n’est rien d’autre qu’une organisation collective mise en place par les citoyens sur un territoire donné pour gérer le groupe en leur nom et dans le respect de leur mandat. Or en France, L’Etat est à la fois :
Il est urgent de redéfinir les missions de notre Etat et de la recentrer sur ses activités régaliennes et sur son rôle d’arbitre. A ce titre, l’Etat est en charge d’assurer un juste équilibre entre un libéralisme excessif et un étatisme envahissant. Il est aussi responsable du dosage délicat entre la nécessaire autorité qu’il détient pour faire respecter l’intérêt général et le bien commun et la non moins indispensable autonomie des individus. Beaucoup de progrès sont à faire dans la réalisation de ces deux missions importantes. L’arbitre qui opère sur son terrain de sport n’a que des règles à faire appliquer, il n’a pas à se substituer aux joueurs, ou encore à privilégier l’un d’entre eux. Outre qu’il est l’arbitre de notre vie collective, il est vrai que l’Etat est aussi en charge de définir les règles de vie commune, dans le respect des grands principes constitutionnels et des valeurs sur lesquels repose le contrat social, et de mettre en ouvre les moyens nécessaires pour les faire appliquer, y compris l’appel à la contribution obligatoire et le pouvoir de contrainte. Mais ce pouvoir régalien ne doit pas interférer sur son rôle d’arbitre et fausser le jeu de la concurrence entre les acteurs du jeu social. La gauche française doit renoncer au retour espéré des trente glorieuses et accepter une redéfinition du rôle de l’Etat, qui est actuellement un formidable producteur d’inégalités sociales, spatiales et régionales. Notre organisation hospitalière et universitaire, et notre système éducatif en sont des exemples flagrants. Sur 100 députés, 3 seulement sont issus du milieu ouvrier, et à peine 1 % des élèves de l’ENA et de Polytechnique sont des fils d’ouvriers et d’employés contre 25 %, voilà 50 ans. Plus généralement, la fonction publique est devenue une source de reproduction sociale pour les enfants de fonctionnaires (les enseignants fils d’enseignants sont notamment très nombreux) et les citoyens issus de l’immigration ne doivent compter que sur des mesures de discrimination positive pour les postes les plus importants. La critique sociale de l’Etat doit devenir un impératif pour la gauche mais la droite a elle aussi du chemin à faire car elle n’a pas encore assumé cette remise en cause nécessaire de l’interventionnisme envahissant de l’Etat, ses dirigeants étant persuadés que les citoyens attendent tout de l’Etat, y compris qu’il intervienne dans la vie économique pour agir sur la répartition économique, le niveau des emplois, voire même dans le capital des grosses entreprises (Alsthom, Airbus . ). Il est faux d’affirmer que plus l’Etat intervient, plus l’Etat pratique l’incitation, plus on réduit les inégalités. En se substituant à l’initiative individuelle, en faussant la logique des échanges entre particuliers, en déresponsabilisant les bénéficiaires, l’Etat complexifie les rapports et provoque des mécanismes d’adaptation dont il n’est plus maître. Il est de notoriété publique d’ailleurs que l’interventionnisme étatique a conduit nombre de petites et moyennes entreprises à organiser leur stratégie en fonction des prélèvements obligatoires et des subventions. Plus de soixante milliards d’euros ont ainsi été versés aux petites et grosses entreprises en 2006, modeste contrepartie des nombreux prélèvements auxquels elles sont soumises. Cette dépendance des entreprises à l’égard de l’Etat n’est pas sans influence sur l’autonomie et l’initiative des chefs d’entreprise. Il n’est pas jusqu’à l’acceptation du risque, contrepartie du profit pour l’entrepreneur, qui est en passe de disparaître. Sont désormais bien connus, les stocks options et indemnités de départ excessives attribuées aux « managers fonctionnaires » qui s’ajoutent parfois aux facilités de reclassement dans le champ important des activités étatiques. Certains patrons de PME réclament de ce fait leur part en demandant un « parcours sécurisé » et un « droit à l’échec » afin de ne pas être plus maltraité que les patrons des grandes entreprises. Une telle évolution vers une fonctionnarisation générale de notre société est compréhensible (qui peut refuser la sécurité ?), et d’ailleurs plus de 70 % des jeunes souhaiteraient, selon certains sondages, être fonctionnaires, mais si elle n’est pas stoppée, il est à craindre que notre déclin va devenir très vite décadence. Il est donc nécessaire de mener parallèlement une critique aiguisée du fonctionnement actuel de l’économie de marché et du capitalisme, qui doit être étayée et réaliste, eu égard à notre insertion dans l’Europe, et aux contraintes inéluctables de la mondialisation. Processus de redistribution des richesses et de la puissance dans de nouveaux pays, la mondialisation oblige les économies nationales à s’adapter, l’Etat à changer ses méthodes et son « train train » et à s’organiser plus efficacement, et les pays à valoriser ce qui leur donne un avantage comparatif. Comme l’Union Européenne, et au travers de l’Union Européenne, la mondialisation nous a fort heureusement obligés à bouger nos vieilles structures et à faire évoluer nos comportements et nos mentalités. Mais pas suffisamment et pas assez vite ! Dans le secteur abrité de la concurrence notamment l’organisation de notre vie politique et sociale résistent encore sous les pressions conjuguées des peurs des catégories sociales les plus menacées et le manque de courage et de vision de nos gouvernants et nos élites. Nous ne pourrons faire aboutir rapidement les réformes structurelles nécessaires sans remettre à plat les règles, institutions et mentalités de notre pays. Nous ne pouvons que constater la crise de l’Etat providence (montée du chômage et de la précarité, absence de maîtrise sociale et déficits structurels, paralysie et faillite de l’Etat, inquiétude sociale .malgré sa mise en faillite) et la crise de légitimité de l’interventionnisme. Nous ne pouvons que constater la crise de l’autorité de l’Etat (pouvoirs accrus des partis, des médias, des corporatismes les plus divers, idéologie de la communication et de l’émotion, etc .) et le désarroi des français. « Avec un Etat impuissant, une société sans projet d’avenir, mais exigeante, la France s’embourbe et se dissout dans la mondialisation » Paul Thibaud (Philosophe). Il est donc temps de redonner une chance à la France en libérant l’économie de l’interventionnisme étatique et en restaurant l’autorité de l’Etat qui doit redevenir le garant de l’intérêt général et du respect des libertés individuelles. |


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