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1er préalable : Actualisation et hiérarchisation des fondements de notre vouloir vivre ensemble dans un code commun accepté par tous. 1. ll est urgent de redonner à l’individu la place centrale dans notre société car la légitimité de celle-ci repose sur un contrat social qui pour n’être que virtuel n’est est pas moins fondamental. L’individu, la personne humaine, n’est en rien assimilable à l’individualisme ambiant. L’individualisme est le comportement égoïste de l’individu aux prises avec des risques mal maîtrisés et assujetti par une emprise à la fois excessive et rassurante du groupe. Le fondement de la personne humaine ne peut pas se réduire aux dérèglements induits par un excès de socialisation. L’individu est d’abord un esprit, une conscience, au-delà même de son corps et de ses perceptions, au-delà même de sa pensée et de ses émotions. Pris entre les exigences du monde extérieur et les aspirations de ce monde intérieur, d’ordre spirituel, la personne humaine se définit par son rôle social une identité perceptible. Mais ce qui fonde la dignité de la personne humaine, ce qui lui confère une autonomie et une liberté inaliénable, c’est cette conscience qui le différencie de toutes les autres créatures, d’ordre spirituel et inaliénable. La responsabilité individuelle et l’aspiration éthique, contrepartie intrinsèque de cette liberté totale, le conduisent donc naturellement à dépasser son seul intérêt égoïste pour accueillir l’autre et à raisonner sur des bases objectives. C’est cet individu là qui est l’initiateur naturel du contrat social et qui doit donc redevenir le centre d’impulsion de notre société. 2. La disparition de la responsabilité individuelle à tous les niveaux de notre société conduit à l’ambigüité de nos valeurs et principes fondamentaux, et à l’impossibilité de choisir entre les impératifs contradictoires qui se présentent à nous. L’irresponsabilité et l’irrationalité sont les deux caractéristiques inquiétantes de notre société. Comme l’enfant gâté est encouragé dans ses caprices et ses exigences irrationnelles, les citoyens sont choyés par les gouvernants qui acceptent les caprices successifs des corporations ou de l’opinion sans jamais les mettre devant leur responsabilité (ex : les Français n’étaient-ils pas pourtant les premiers concernés par leurs parents âgés morts du fait de la canicule en 2005 ?). Dans leur statut de consommateurs, ils sont tout aussi courtisés, collectivement par les grandes firmes et les médias qui les manipulent, par les programmes, la publicité et l’offre de crédit. Sont-ils traités avec déférence ou plutôt avec mépris ? Ces attitudes permissives sont-elles le meilleur moyen de les inciter à se comporter en adulte responsable ? La disparition de la responsabilité des individus dans notre société est imputable à plusieurs facteurs. Le principal est sans doute la volonté légitime de se prémunir contre les risques à l’origine des peurs qui habitent depuis toujours l’individu face au lendemain, à la pénurie, à la souffrance, à la mort, et donc à Dieu ou au néant .. L’interventionnisme étatique, sous toutes ses formes, d’origine marxiste ou colbertiste, a toujours trouvé un puissant appui dans les peurs des sujets- citoyens et dans leur attente d’un environnement sans risque. Le succès des religions et des idéologies quelles qu’elles soient, relève également de cette quête de sécurité. En contrepartie, les populations ont accepté de subir le joug des dogmes contestables, des lois abusives, des guerres iniques . toujours justifiés habilement, voire machiavéliquement . Il résulte aujourd’hui comme hier de ce processus une limitation voire une réduction des libertés essentielles des individus, qui transforment de fait le contrat social initial en contrat léonin. Et si « là où la liberté augmente, la responsabilité augmente » comme l’affirmait Victor Hugo . le postulat s’inverse lorsque la liberté est réduite comme c’est le cas en France depuis quarante ans. Facteur aggravant : une socialisation accrue due à la société médiatique et à des solidarités toujours plus contraignantes. Force est de constater en effet que nos sociétés, mais en France plus qu’ailleurs, sont devenues des groupes d’individus très étroitement interdépendants. La prise en charge par la collectivité des dépenses de santé par exemple conduit à rendre obligatoire un certain nombre de prescriptions, notamment pour la conduite automobile, qui constituent des contraintes très fortes pour l’individu qui, en s’y conformant, abandonne sa responsabilité à l’Etat ou aux assurances (« je respecte le code, donc je ne suis pas coupable »). Du fait de l’influence de la télévision et de la médiatisation, de certaines réglementations contraignantes et de la «pensée unique », il n’est pas jusqu’au domaine de l’esprit critique et de la pensée autonome qui est trop souvent abandonné par l’individu. La vieille prescription politique « panem et circenses » viatique contre l’ennui et la faim porteuse de révolution, est plus que jamais à l’honneur dans notre société. D’ailleurs, les sportifs, les acteurs, les artistes, relayés par les journalistes, sont devenus le centre de la distraction et de la réflexion sociétale. Peu nombreux sont ceux qui ont des idées personnelles, la formule « on pense pour moi, donc je suis . » pourrait assez bien illustrer notre époque . même si le dopage quotidien de la consommation par la publicité, autre source de la réflexion du public, justifierait aussi la devise « je dépense et je dépends . donc je suis ». Cette dérive est grave car l’individu doit savoir conserver un juste équilibre entre son autonomie personnelle, caractérisée par sa conscience, sa pensée, ses décisions et sa responsabilité, et son besoin de vivre en groupe qui le conduit à accepter le contrat social. Tout déséquilibre entre ces deux forces est porteur de crises sociales destructrices comme l’illustre A. Koestler dans son livre Janus. Cette situation est d’autant plus anormale que l’élévation du niveau d’instruction et l’importance des moyens d’information devraient permettre aux individus d’avoir une réflexion propre et un sens critique suffisant pour ne pas se laisser manipuler par les journalistes, les politiques ou les publicitaires .. En l’absence de responsabilité individuelle, le contrepoids naturel des droits et valeurs reconnus par nos déclarations constitutionnelles, ceux-ci sont susceptibles de conduire à nombre d’abus (cf. point 3). Mais surtout les contradictions nombreuses entre ces principes ne sont plus susceptibles d’être transcendées. Comment concilier les préceptes républicains eux-mêmes entre eux ? Quelle juste part faire à la sécurité sans trop porter atteinte aux libertés individuelles ? Où placer le curseur entre les exigences de cette liberté et les attentes en matière d’égalité ou de fraternité ? Comment arbitrer entre des impératifs difficilement compatibles ? Si le cour a ses raisons faut-il donc que la raison n’ait pas à en connaître ? Si la croissance économique est l’objectif premier de nos sociétés, car générateur d’élévation du niveau de vie et de plein emploi, comment avoir une gestion économique de nos ressources naturelles, éviter le gaspillage et la pollution ? Comment concilier le principe libéral de répartition des fruits de la croissance sur la base du travail, de l’initiative ou du mérite et le précepte marxiste du partage en fonction des besoins spécifiques de chaque membre du groupe quelle que soit la part prise à la création des richesses ? Comment doser l’approche sociale et égalitaire avec le respect de l’individu et de son libre arbitre pour gérer sa force de travail et l’utilisation du fruit de ce travail ? Comment concilier le temps nécessaire aux loisirs, sources de dépenses et consommateurs de temps, avec les exigences du travail, valeur fondamentale à l’origine de tous revenus ? Jusqu’à quel point est acceptable l’interventionnisme étatique, qui porte atteinte aux situations et rapports de force existants, et influence le contexte concurrentiel dans lequel doit pouvoir s’exercer la liberté d’entreprendre ? Comment utiliser les atouts du système capitaliste en évitant les abus des actionnaires et la paupérisation des salaires ? Faire l’impasse sur l’individu, sur sa capacité à avoir une pensée autonome, éthique et responsable, c’est se passer du seul régulateur naturel de la vie en groupe. Il est donc temps de se préoccuper de l’élévation du niveau de compréhension et de responsabilité de nos concitoyens. 3) Dans cette perspective, il est donc indispensable de revisiter les fondements de notre République et de la démocratie qui se sont par ailleurs progressivement pervertis en raison du progrès technique et de l’évolution des mours et des mentalités, mais aussi et surtout du fait de l’agrégation de doctrines et d’idéologies pas toujours compatibles. Notre enracinement dans l’histoire de notre pays et de l’Europe n’est plus très clair. Il ne s’agit pas d’être nostalgique du passé mais de rester fidèle à notre culture, « car toute idée humaine ou divine qui prend le passé pour racine a pour feuillage l’avenir » (V. Hugo). Avant même d’envisager l’organisation politique et sociale, ou le fonctionnement de l’économie, il est capital en effet de s’interroger sur le fondement culturel de notre société, c’est-à-dire sur les valeurs communes qui scellent le contrat social. Il ne s’agit pas ici de proposer une esquisse de ce code de vie en commun mais de faire prendre conscience aux Français du désordre politique et de la confusion législative qui résultent de la juxtaposition et de la superposition successives de principes et de valeurs souvent contradictoires ou incohérents. Les débats sans fin sur le port du voile ou sur les caricatures illustrent les difficultés et les risques qui en résultent pour notre société. Si l’on définit la morale comme la somme des préjugés, tabous et interdits d’une société, elle n’en doit pas moins être cohérente car il est difficile d’envisager la cohabitation de deux morales. Or si aujourd’hui c’est la laïcité qui est censée inspirer la morale dominante, la construction dogmatique qui en constitue le fondement est relativement hétérogène et donc peu cohérente et rationnelle. Les idéologies républicaine, chrétienne et marxiste ont certes en commun une finalité humaniste mais les voies et moyens sont contradictoires ou pour le moins non conciliables. La référence à ces valeurs contradictoires, par les hommes politiques et les médias, pour proposer ou justifier les décisions politiques, économiques et sociales, ne facilite ni la compréhension des citoyens ni la cohérence de notre ordonnancement juridique. Tout observateur averti peut apercevoir la double dérive qui a consacré l’empiètement continu de l’Etat sur le domaine privé, notamment par l’adoption des lois dites « mémorielles » censées lutter contre le racisme et la discrimination, et par l’abdication du politique en charge de fixer les règles au profit des juges qui héritent des arbitrages entre intérêt général et intérêts particuliers, mais aussi entre les différentes valeurs de notre société, en conflit parfois avec les revendications venues d’autres civilisations. Nos institutions et nos valeurs républicaines sont ainsi mises à mal du fait de cette confusion des pouvoirs et des ordres. La liberté, comme le respect et la tolérance des autres, sont sacrifiés sur l’autel du risque zéro. Le principe de précaution, les attentes en terme de prévention, les exigences d’égalité et de transparence entretenues par les médias, les sociologues et les politiques ont fortifié les égoïsmes au détriment de la véritable solidarité et de l’idéal républicain. Que sont devenues les valeurs et les idées du siècle des lumières après l’événement successif des idées sociales du XIXème, de l’idéologie marxiste du XXème siècle, ou encore du renouveau religieux de ces trente dernières années imputable à la fois à l’Islam conquérant, au communautarisme issu de l’immigration croissante et surtout à l’idéologie laïque toute puissante construite en réponse au nazisme, au fascisme et à la collaboration ? L’avènement d’un individu autonome, conscient et responsable de son destin collectif, est-elle désormais une idée sans lendemain ? La revalorisation de la raison et du bon sens au détriment de l’émotionnel et de l’instinctif, la libération de l’oppression du collectif, longtemps entretenue par l’emprise des religions et des régimes politiques qui s’y référaient pour mieux asseoir leur autorité sans partage, ne sont-ils pas désormais réduits à peu de chose ? Le respect de l’individu et la confiance dans la raison ont progressivement disparu au point que la liberté d’expression est remise en cause (ex. : caricatures) et la vérité officielle inscrite dans les lois (Gayssot - Taubira - etc.). L’universalisme décline au profit du cosmopolitisme et du communautarisme, renforcés à l’occasion par la discrimination dite positive : « selon que vous serez puissant ou misérable, juif ou musulman, homme ou femme, riche ou pauvre. les jugements, les médias et les lois de la République vous discrimineront ou non.. ». La responsabilité collective a repris ses droits sur la base du principe d’assimilation, par ailleurs condamné lorsqu’il s’agit du racisme ou de l’antisémitisme : « tu es responsable de ce que ton semblable a fait ». Le boycottage des Danois pour les punir pour les caricatures publiées par un journal, illustre ce renouveau. Plus quotidiennement les mesures autoritaires de limitation de vitesse imposées à tous les conducteurs, bons ou mauvais, sur la base de critères contestables, relève bien de cette responsabilité collective imposée. Il importe de réfléchir sans tarder aux moyens de redonner à la personne, l’individu, une place centrale dans notre société : l’excès de socialisation, le mimétisme encouragé par les modes et le grégarisme par la pensé unique, constituent un grave danger pour son avenir. Les valeurs républicaines liberté, égalité, fraternité, ont été largement perverties par les idées marxistes, et les valeurs telles que la famille, le travail, l’autorité, le devoir, et la responsabilité personnelle ont été contestées et déconsidérées en réaction notamment aux excès des totalitarismes du XXème siècle et en accord avec la libéralisation des mours et le développement des loisirs. Les libertés essentielles, liberté d’aller et venir, liberté de pensée, liberté d’expression ont été réduites. Et les limitations qui y sont apportées par la loi et le règlement sont autant de signes de méfiance à l’égard du citoyen et de déni de la responsabilité des individus. L’égalité devant la loi, telle que définie dans la déclaration des droits de l’homme, est d’abord devenu l’égalité des chances avec l’avènement d’une société d’individus soumis à la compétition sociale et économique, puis « l’égalité des possibles »avec l’élévation du niveau d’éducation et de conscience supposée des individus. Cette volonté légitime de rouvrir à chacun, en permanence, des perspectives d’avenir n’est cependant pas sans lien avec l’idéologie marxiste qui prône l’égalitarisme. La discrimination positive, à la mode depuis plusieurs années, d’abord en faveur des femmes, puis des catégories de personnes (étrangers, homosexuels .) s’inscrit dans cette approche volontariste voulue par les doctrines sociales). L’Etat doit tout faire pour mettre tous les citoyens à égalité. Reste à savoir si l’égalité par le bas que cela suppose ne se retourne pas contre ceux là même que ce principe est censé aider. La fraternité est une notion particulière qui dépasse la simple solidarité en lui attribuant une dimension affective précise. Mais la fraternité ne se décrète pas plus que la générosité : ces sentiments relèvent de l’ordre de la vie privée et n’ont pu en aucun cas être délégués au groupe qui ne détient de ce fait aucun pouvoir pour en décider au nom des citoyens. Autant la solidarité, c’est-à-dire l’aide et l’appui mutuels entre les membres du groupe est une obligation républicaine, à la fois droit et devoir, autant la générosité et la charité restent de la responsabilité de l’individu. Seule l’idéologie marxiste considère que le groupe a tout pouvoir pour exiger tout de l’individu. Il est vrai que ce parti pris idéologique de répartir les richesses en fonction, non du travail ou du mérite, mais des seuls besoins, n’a pas suscité beaucoup de sentiments fraternels, mais plutôt une diminution progressive des richesses produites. Sans être la règle unique de répartition, il convient de constater cependant qu’elle est encore aujourd’hui largement utilisée dans notre modèle social, et qu’elle n’a disparu ni de l’arsenal des valeurs de la République , ni des mentalités de bon nombre de citoyens. Plus subjective que l’égalité, l’équité est une vertu individuelle qui consiste à régler sa conduite sur le sentiment naturel du juste et de l’injuste prolongement d’une conscience autonome et responsable. C’est aussi un alibi pour l’Etat, qui se réfère à la notion de justice naturelle, pour apprécier ce qui est dû à chacun. Le principe est simple, à situation égale, traitement égal. Mais l’application est plus difficile car la solution varie considérablement selon l’appréciation de ce qui est juste mais aussi selon les idéologies et les critères définis pour apprécier l’égalité de situation. Quoi qu’il en soit la contrepartie du principe d’équité appliqué aux membres du groupe, doit être la responsabilité des individus, à défaut de quoi l’assistance prend le pas sur la solidarité et la justice est bafouée. Tony Blair tirant les leçons des quarante dernières années en Grande-Bretagne, reconnaissait qu’avoir « séparé équité et responsabilité (soit par excès de l’un avant 1980, soit par excès de l’autre après 1980) fut une erreur politique et philosophique ». Tenir le juste milieu entre l’esprit collectif et la cohésion sociale d’une part, la responsabilité et l’autonomie individuelle forte d’autre part, est un objectif difficile à atteindre mais essentiel pour notre société. Dans le livre très récent de deux hauts fonctionnaires désireux de rester positifs et optimistes, on relève dix ans après le constat de Tony Blair, cette constatation à la fois réaliste et pessimiste, imputable au silence et à l’insuffisance des politiques « Le problème de la France , c’est qu’elle ne veut ni du modèle libéral, jugé injuste, et qu’elle n’a pas les moyens financiers de se payer le modèle social, qu’implicitement par ses votes et ses mouvements soucieux le peuple plébiscite ».
Il est donc temps que les responsables politiques français se mobilisent pour permettre aux citoyens de faire les choix véritables. Cela semble d’ailleurs désormais possible puisqu’une série d’enquêtes récentes a mis en lumière que les trois attentes majeures des français sont :
Si notre société est organisée selon les principes républicains, elle est dirigée par le peuple et pour le peuple. La démocratie est certes le moins mauvais système politique car il permet à la majorité des membres du groupe d’établir les règles applicables assurant ainsi en principe un consensus social. L’alternance de majorité peut conforter ce consensus ou au contraire favoriser une dialectique régressive paralysant les initiatives. Pour autant notre démocratie doit elle devenir la référence de la pensée commune pour trancher les questions qui ne relèvent pas de la vie publique. Si il suffisait qu’une idée soit partagée par la majorité du groupe pour être vraie et acceptée par tous, ce serait à la fois très simple mais aussi très dangereux pour notre avenir car sans garantie de rationalité. Trop souvent les journalistes et les politiques s’aventurent dans cette voie. N’oublions pas pourtant que
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