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Peu contestable est le constat sur les causes de notre situation actuelle et sur leurs conséquences redoutables
Au-delà même des indicateurs économiques et sociaux à la baisse, ce qui importe c’est d’approfondir la connaissance des facteurs qui en sont à l’origine.I - Parmi les nombreux signes de déclin de notre société, c’est son mode de gouvernement dégradé qui est sans doute le plus grave car cela interdit les évolutions nécessaires de notre modèle social et éducatif, la libération des entreprises et le désendettement de l’Etat seuls à même de lui redonner une marge de manouvre. • Les fondements de notre communauté nationale ne sont plus incontestables (valeurs imprécises et contradictoires, absence de primauté de l’intérêt général .) • Des responsables politiques affaiblis par leur professionnalisation et par la logique partisane et abusivement nombreux du fait de la superposition coûteuse des niveaux de pouvoir • Un Etat omniprésent animé par des fonctionnaires inamovibles, et sans moyens véritables (endettement, 5 niveaux de pouvoir dont l’Europe, règles nombreuses et inadaptées .)
• Déresponsabilisés par trop de règles, sans repère culturel fort, les citoyens sont soumis aux modes de pensée des medias et aux sollicitations incessantes de la société de consommation . • Le développement de l’émotionnel et de l’esprit d’imitation rendent plus difficile encore l’appel à la raison et à l’autonomie de la réflexion. • Un fatalisme général devant les imperfections du système avec une préférence marquée pour la sécurité au détriment de la liberté.
Les hommes politiques sacrifient trop souvent l’intérêt général à leurs visées personnelles en se déterminant par rapport à leur réélection et donc leur popularité. Ils ne disent pas à l’électeur ce qu’il ne veut pas entendre et reviennent sur leur décision à la moindre manifestation contraire. Ils multiplient les lois pour afficher leur détermination sans s’occuper toujours des suites effectives et accordent des fonds publics sans en expliquer l’origine et les conséquences pour l’Etat. La campagne électorale de 2007 est encore une fois significative de la volonté de juxtaposer les mesures particulières, au détriment du budget de l’Etat ou de la sécurité sociale, pour satisfaire un maximum d’électeurs. Les partis politiques , à travers leur stratégie de conquête du pouvoir, entretiennent un clivage artificiel à partir des notions dépassées de droite et de gauche, favorisant l’irresponsabilité des électeurs en entretenant les débats stériles des hommes qu’ils produisent et contrôlent. La droite et la gauche entretiennent à travers eux une fausse opposition autour d’un débat recentré sur les dividendes et les impôts, et une vraie complicité pour entretenir la confusion entre posture et imposture, pays et nation, consensus et consentement ou en prônant l’hypothétique gouvernement au centre pour mieux justifier la promotion, d’une alternance à l’autre, du renoncement et de l’impuissance. Le rapiéçage, la superposition, la rapetassage, ont permis avec des trésors d’ingéniosité de continuer à faire fonctionner la machine avec des pertes d’énergie énormes et disproportionnées par rapport au résultat. De ce fait la complexité des procédures est devenu un handicap certain. Ainsi en est-il par exemple des chambres régionales des comptes, pourtant en charge d’un rôle essentiel pour la démocratie locale : « Pour que nous soyons efficaces, nous devons agir vite, or nos procédures prennent parfois deux ans. et nous risquons de faire de l’archéologie ». Un observateur averti comme Soljenitsyne, pourtant victime des excès du parti unique, considère aujourd’hui « l’existence des partis politiques, uniquement occupés à décrocher le pouvoir, non comme un bienfait mais comme une calamité ». La désignation des deux principaux candidats à la présidentielle 2007 par les quelques milliers d’adhérents des deux principaux partis illustre s’il en était besoin la confiscation de la démocratie par ces groupes de pression partisans plus apparentés aux anciennes structures féodales de caste qu’à des écoles de responsabilité et de démocratie. Parmi les élites, bon nombre de grands capitaines d’industrie, hauts fonctionnaires, intellectuels , se conduisent plus comme les défenseurs d’un système dont ils bénéficient, quitte à flatter l’opinion dans le sens de la facilité, que comme les promoteurs d’une évolution des mentalités et des comportements dans le sens de l’éthique, de la justice, de la rationalité et de la responsabilité. Le rôle des médias, essentiellement préoccupés par les rivalités partisanes, l’exploitation des conflits et l’incitation à la facilité et à l’optimisme béat ne fait que favoriser le contexte de confusion dans lequel se déroulent les rapports entre les gouvernants et les gouvernés. L’exemple récent de l’affaire Clearstream illustre bien l’intérêt disproportionné porté aux affaires par les journalistes par ailleurs peu enclins à se poser les vraies questions. « Les commentateurs des officines et autres gazettes alléchés par l’événement, soupèsent les opportunités, calculent les suites, évaluent les chances des uns et des autres. Ils s’enflamment, s’invectivent, se congratulent, soupèsent et comparent les hypothèses en présence, supputent les chances de chacun, mesurent les évolutions probables et les scénarios possibles, font état des calculs des uns et des ambitions des autres. bref, bruissent du plaisir des émotions enivrantes que diffusent les rumeurs, les démentis ou encore les confidences ». (FXD). Un seul journaliste s’est-il à côté de cela posé la question de la responsabilité du contrôle du bon emploi des deniers publics en France au début des années 90, époque du scandale du détournement de ces fonds publics pour les partis politiques.
Il n’arrive pas en effet tout seul à prendre conscience de la nécessaire conciliation entre ses attentes spirituelles, culturelles, sociales et économiques (niveau de vie, consensus, sécurité, droits, loisirs .) et ses devoirs à l’égard de la société (contributions fiscales, travail, responsabilité personnelle, devoirs .). Il ne cherche pas à comprendre et à assumer sa responsabilité de souverain en donnant une juste priorité à l’intérêt général sur son intérêt particulier. Il est vrai que trop de règles imposées tuent la responsabilité individuelle, que trop de sensibleries annihilent la raison, et que des gouvernants muets et prêts à suivre le moindre désir des gouvernés ne peuvent que les entretenir dans un comportement irresponsable d’enfant gâté. De plus comment le citoyen peut-il réfléchir et s’exprimer dans le contexte idéologique ambiant ? Les médias, les élites, les partis et les hommes mandatés pour conduire le pays ont progressivement élaboré une nouvelle idéologie, plus sectaire et redoutable que les religions officielles car légitimée par le dogme de la laïcité et par une référence contestable aux idéaux républicains. La cité démocratique est tombée dans la tyrannie de la multitude, organisée en communautés et corporations, avec le nombre pour pontife, le sondage et le vote pour rituel. Le clergé laïque peut ainsi prononcer les excommunications dès lors que l’on porte atteinte au dogme des droits de l’homme revus et corrigés à l’aune de l’idéologie socialo-communiste du XIXème et XXème siècle. Des lois sont votées pour dire le bien et le mal (Gayssot, Taubira .) et pour corseter la libre expression. Il n’est pas jusqu’au résultat des élections qui n’est valable que lorsque le vote est conforme à l’idéologie majoritaire (ex : processions organisées en 2002 avant le 2 ème tour des présidentielles pour contester l’élection de Le Pen au 1er tour). Démobilisés pour les uns par les excès de prélèvements obligatoires incompréhensibles et par les abus de l’interventionnisme étatique et une assistance inconsidérée, incitant à la dépendance et à l’immigration ; Démobilisés pour les autres par les abus du capitalisme sans frontière et sans limites, et par les inégalités non justifiées par le travail ou le mérite ; Les citoyens ne sont pas en mesure d’agir de façon concertée et rationnelle en faveur d’une société plus juste, plus économe de son environnement, et plus responsable, à défaut d’avoir des leaders à la fois pédagogues et désintéressés pour leur montrer la voie. La campagne présidentielle traduit d’ailleurs les interrogations des citoyens, leur absence de repères, leur méfiance à l’égard des deux partis qui se succèdent au pouvoir et de leurs représentants, mais aussi leur volonté de vote utile qui se traduit par une dispersion des voix beaucoup plus faible qu’en 2002. La montée de la côte du candidat Bayrou, pourtant vieux routier de la politique, illustre le désarroi de bon nombre d’électeurs. Le besoin de rassemblement au-dessus des partis, l’attente d’une gestion responsable des deniers publics, la demande de compréhension et de participation, le désir de rupture avec une pratique laxiste et de restauration des valeurs d’autorité et de responsabilité . se retrouvent ici et là dans les programmes des candidats. Mais ce n’est pas toujours très clair et hiérarchisé et ceux qui portent ces programmes ont un passé qui ne plaide pas pour l’avenir.
La situation actuelle est d’autant plus grave pour notre avenir qu’ on y retrouve les facteurs qui ont été à l’origine de la disparition des civilisations , tels que mis en lumière par Jared Diamond . Au-delà des causes apparentes, invasions et guerres, bouleversements et catastrophes brutales .
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