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Une certitude : notre
système de Gouvernement actuel n'est pas en mesure
de conduire les changements nécessaires
Les événements des trente dernières
années , et notamment de la dernière mandature
2002-2007 illustrent cette incapacité. L'apparition
de candidats plus modernes, plus jeunes, plus réalistes,
plus motivés, ne suffit pas pour envisager avec optimisme
une action réformatrice à la hauteur des besoins
et attentes de notre société.
Les événements des trente dernières
années, illustrent l'incapacité des Gouvernants à résoudre
les conflits et à faire accepter les changements dans
le respect de l'intérêt général,
et du bien commun, avec un esprit de justice et de désintéressement
seul à même de dépasser les intérêts
catégoriels.
L'intérêt général ne se résume
pas à la conciliation des intérêts particuliers
et à la prise en compte d'un rapport de force dans
lequel la majorité silencieuse et les citoyens mal
informés sont toujours absents ou pris en otage.
Il n'est pas possible ici de faire un historique des occasions
manquées, des demi-mesures (ni-ni), des gesticulations,
par la loi ou par des mesures financières coûteuses,
voire des effets d'annonces non suivies d'effets, des réformes
sans cesse remises sur le métier parce qu'imparfaites,
partielles ou partiales... Notre système éducatif
compte un record de réformes de ce type, depuis les
programmes (suppression totale ou partielle de l'histoire,
de la géographie, du latin, de la dissertation, de
l'instruction civique, etc.) jusqu'au lieu de délivrance
(école libre/école publique, carte scolaire,
collège, lycées professionnels, etc.), ou aux
débats jamais conclus sur la sélection et sur
l'autorité et la responsabilité des enseignants,
en passant par les processus pédagogiques (méthode
globale ou non..., méthode de la découverte),
ou encore les enseignants eux-mêmes (statut, cursus,
salaires, affectation, nombre par classe, etc.).
Mais notre système de santé a également
eu son lot de réformes imparfaites, comme la réforme
de l'Etat toujours évoquée et jamais mise en oeuvre,
ou encore la remise à plat du Code du travail jamais
engagée sérieusement.
La réforme fiscale également toujours annoncée,
jamais réalisée, et remplacée par des
mesures ponctuelles incompréhensibles et complexifiant
encore la logique des prélèvements obligatoires.
N'y a-t-il pas, par exemple, impôt aussi injuste et
inadapté que l'impôt dit à l'origine
sur « les grandes fortunes » alors
que chacun sait que les détenteurs de ces grandes
fortunes ont de multiples moyens d'y échapper ?
Comment expliquer qu'un tel impôt qui coûte plus
cher à l'Etat qu'il ne rapporte, soit toujours en
vigueur et qu'il pèse injustement sur des cadres qui
ont réussi par leur travail et sur des propriétaires
dont la résidence principale a vu son prix flamber
par le seul jeu du marché. Il a suffi de la volonté d'un
Premier Ministre devenu Président de la République,
considérant que sa défaite en 1988 était
imputable à sa suppression pendant la période
de cohabitation (1986-1988). Réinstauré dès
1989 par les socialistes, cet impôt est toujours en
vigueur en 2007 sans doute par crainte d'un mouvement d'opinion
porteur d'échec électoral.
Ne parlons pas de la mandature Jospin (1997-2002) pendant
laquelle aucune réforme de fond n'a jamais été tentée
alors même que la croissance était enfin là.
Quelles réformes pour quels résultats depuis
trente ans ?
Une évaluation globale et désintéressée
serait sans doute édifiante en termes de rapport coût
efficacité.
Plus important cependant est de s'interroger sur les méthodes
utilisées pendant cette période
par les gouvernants et sur les pratiques des médias
et des élites.
Les questions, quelles qu'elles soient, sont traitées
de façon superficielle, avec la volonté de
respecter des principes contestables tels que :
Positiver à tout
prix les situations et appliquer la méthode Coué (cette
proposition séduisante est trop souvent l'alibi
pour ne pas traiter les vrais problèmes..., l'optimisme
apparent étant souvent du scepticisme par rapport
aux améliorations envisageables),
Ne pas monter les Français les uns contre les autres
en occultant la situation exacte des corporations qui revendiquent
ou les concessions financières qui leur sont faites
(paiement jours de grève, règlement des conflits
par attribution de subventions ou avantages particuliers,
etc.),
Donner raison aux manifestants pour rétablir le
calme social... plutôt que d'user de pédagogie
et de courage...,
Parler de concertation pour ne pas la pratiquer ou mieux
encore abandonner à la concertation la responsabilité de
décider...,
Donner la priorité à l'apparence sur la
réalité en privilégiant les effets
d'annonce (création de commissions, commande d'un
rapport sans effet réel, dépôt d'un
projet de loi rarement suivi d'effets concrets, déblocage
de fonds publics sans évoquer leur origine, etc.).
Ces pratiques regrettables sont encouragées trop
souvent par le petit jeu des commentateurs politiques qui
font écho aux subtilités des politiques, les
encouragent et les anticipent. Ils traquent les petites phrases,
les montent en épingle, auscultent les sondages et
se perdent en conjectures diverses..., plutôt que de
dénouer les faux-semblants, l'écume des annonces
démagogiques, et inviter les Français à examiner
les problèmes dans le fond, avec une approche critique
(et non avec un esprit de critique), comme devrait le faire
un responsable majeur...
Les résultats de la mandature 2002-2008
sont sans commune mesure avec les engagements du candidat
Jacques Chirac.
Nous lui avons adressé avant l'élection une
analyse de la situation et les grandes lignes des actions à engager
(cf.1).
Il nous avait répondu que c'était dans ses
intentions (cf. 2).
Force est de constater à travers les événements
majeurs de sa mandature que les méthodes et pratiques
qui conduisent à l'impuissance publique sont encore
des obstacles majeurs au changement (cf.3).
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1 :
Lettre à un Président nécessaire
adressée en avril 002 (>>Voir la lettre)
2 :
Réponse du candidat Jacques ChiraC (>>VOIR)
3 :
Les résultats de la mandature 2002-2007 sont pour
le moins contrastés (>>>Voir).
Certes, la politique étrangère de la France
a connu certains succès, mais l'échec du référendum
européen reste un point négatif imputable au
mode de Gouvernement traditionnel de notre pays : moins
le peuple est associé aux grands choix européens,
plus l'initiative des gouvernants est grande.
Changer la méthode en cours de route et faire appel
au référendum n'est pas sans risque lorsque
les citoyens s'aperçoivent qu'on les prend pour quantité négligeable.
Fallait-il
poser la question autrement ?
Dans le domaine de la politique intérieure, il ne
faut sans doute pas considérer que rien n'a été fait
mais est-ce suffisant et pérenne ?
Certes l'impôt sur le revenu a été diminué de
10 à 15% environ (et non de 30% comme promis) mais
les impôts locaux et la CSG ont augmenté dans
des proportions plus importantes, donnant ainsi aux contribuables
l'impression d'être pris pour des imbéciles.
Certes la réforme des retraites ajournée depuis
quinze ans a été enfin engagée. Mais
cette réforme est doublement incomplète, puisqu'elle
ne règle pas définitivement l'équilibre
futur à trouver entre cotisants et bénéficiaires
et qu'elle a omis le règlement des régimes
spéciaux.
Certes la réforme de notre système de santé a été une
nouvelle fois engagée, mais cela n'a pas évité un
déficit important de notre régime d'assurance
maladie.
Certes le nombre de créations d'entreprise a fortement
augmenté et le chômage réduit significativement,
mais cela s'est fait grâce au recours au traitement
social du chômage (notamment emplois administrés)
et au prix de subventions importantes aux entreprises (63
milliards environ), sans revenir sur la Loi des 35 heures
et sans remettre à plat le Code du travail.
CPE : Illustration de l'impuissance publique.
Certes la sécurité s'est globalement améliorée
mais les statistiques des atteintes aux personnes ont continué à s'aggraver.
L'immigration et le regroupement familial sans limite
ont par ailleurs aggravé la situation dans les banlieues.
Ce n'est que tout récemment que le Ministre de l'intérieur
a annoncé que dorénavant la justification des
ressources du chef de famille qui veut faire rejoindre sa
famille ne pourra plus prendre en compte les allocations
et les aides de l'Etat Français !
Banlieue 2005
La justice est toujours lente et imparfaite non seulement
en raison de manque de moyens et de procédures imparfaites,
mais pour des raisons plus fondamentales, liées aux
hommes et à la société. Agir sur l'homme,
sur ses démons intérieurs, reste une priorité.
Eviter qu'une socialisation excessive étouffe l'autonomie
de pensée et la responsabilité personnelle.
Les leçons d'Outreau : trop ou trop peu ?
Cet exemple illustre s'il en était besoin que les
fondamentaux, les valeurs référentes qui régissent
notre société, ne sont pas satisfaisants.
La hiérarchie des valeurs et des droits doit être
clarifiée plus strictement.
De même les décisions des gouvernants doivent être
préparées, expliquées, chiffrées
pour permettre aux citoyens de comprendre et d'adhérer
non seulement sur la seule base de leur sensibilité mais
aussi à l'aune de la raison et de la responsabilité.
De la nécessité de gouverner autrement ?
Un changement de Président suffit-il
pour améliorer notre capacité de changement ?
Comme le montre l'analyse ci-dessus, notre
pays ne peut raisonnablement espérer se relever sans
changer les règles, institutions et modalités
qui régissent les rapports entre gouvernants et gouvernés.
Un homme politique de premier plan, François Bayrou,
candidat en 2002 et en 2007, familier du pouvoir depuis plus
de vingt ans, partage ce point de vue :
« L'ordre établi est un ordre de connivence ».
« J'ai longtemps cru que l'on pouvait modifier le système de l'intérieur. »
Suzanne Berger, Professeur de sciences politiques au Massachussetts
Institute of Technology, posait ainsi la question dans un
article paru dans Le Monde du 1 er février 2007, intitulé « Une
France en fin de régime : un nouveau leadership
politique pourrait-il servir à débloquer la
société française ? ».
Elle observe à juste titre que « c'est
la méfiance du public conjuguée à l'impuissance
du pouvoir qui créé une atmosphère de
fin de règne... ».
Elle fait valoir que les deux principaux candidats pourraient
changer les choses, du fait de leur indépendance,
de leur personnalité, de leur vision et de leur volonté de
changement.
Elle estime qu'il suffit d'un léger déplacement
de l'équilibre des idées, et d'une prise en
compte des réalités d'aujourd'hui dans le langage
politique.
Elle pense que pour sortir de la situation actuelle de conflit,
intériorisée dans chaque individu, il suffit
de conduire chacun à choisir entre des idées
complexes de générosité et d'égoïsme,
le désir de changement et la peur de souffrir, la
loyauté et l'engagement, le cynisme et la désertion.
Cette vision optimiste est intéressante mais c'est
oublier que seule la réhabilitation de la responsabilité des
acteurs et de la rigueur de raisonnement sur la base de valeurs
admises par tous, pourront permettre la mise en place d'un
dialogue véritable entre gouvernants et gouvernés
et la mise en oeuvre des réformes nécessaires
(cf. 5 ème partie).
>>> Une évidence : avant toute réforme ponctuelle, il est indispensable de rétablir des règles de vie commune conformes, et à la raison, et à la responsabilité.